Un blog d'évasion. Le carnet de mes voyages : Irlande, Nouvelle Zélande, thailande, et bientôt japon ! Ainsi que mes essais et une 1ère nouvelle publiée ! Bonne lecture...
/// Carte de Khao Yai ///
Le lendemain matin, nous attaquons notre dernière demi-journée à Khao Yai avec un trek dans la jungle de 5 km conduit par un guide perso (et obligatoire) moyennant 500 bahts. Il est jeune, sympa, baragouine quelques mots d'anglais, porte un bandana et est équipé d'une bonne grosse machette. D'emblée, il nous demande si on a vu des éléphants sauvages. Oui, répond-on en choeur, pas plus tard qu'hier soir. Il est rassuré, car cela veut dire que si on en croise pas pendant le trek, on ne fera pas la gueule. De toutes façons, c'est pas notre objectif.
Dès les premiers mètres, je regrette de ne pas avoir mis mes extensions détachables de mon short tropical Queshua : les leeches (sangsues) sont de la partie. Elles prennent d'assaut mes gambettes à l'air et, échappant à ma vigilance, se mettent à pomper mon sang chaud. Véritables saloperies de la jungle. Je les dégage une par une à coup de pichenettes bien placées. Mais d'autres débarquent en surnombre dans la foulée. Nous passons donc la première heure les yeux rivés sur le sol, à détecter les leeches qui se tendent à notre passage, espérant avoir un point d'accroche et accéder à nos veines nourricières. Le guide n'y échappe pas, malgré ses socks anti-leeches. Elles lui grimpent dessus jusqu'aux bras !
Lorsque nous atteignons une partie plus sèche du sentier, les leeches disparaissent et nous pouvons enfin nous focaliser sur les hauteurs de la jungle. Entre les lianes folles enlaçant les branches des arbres primaires, une famille de gibbons s'amuse à une altitude vertigineuse. Mon zoom x14 est mis à l'épreuve : j'arrive à voler un cliché de ces singes aériens qui ne descendent jamais au niveau du sol.
Ici, d'étonnantes fourmis qui grésillent en choeur à notre approche :
Sur certains troncs nous aperçevons des marques de griffes d'ours qui indiquent qu'ils ont grimpés jusqu'aux cimes pour se gorger de fruits ! Décidément toute l'action se situe en haut des arbres et non en bas !
Notre guide a d'ailleurs constamment la tête levée, à l'affut du moindre bruissement dans les feuilles. Nous entendons un cri rauque, que notre guide identifie immédiatement comme celui du toucan à corne, éspèce rare en voie ded disparition qu'on a d'ailleurs vu à l'open zoo de Bangkok lors de notre 1ère journée de visite. Le guide évalue même sa distance: 400 m. S'ensuit une véritable traque de l'oiseau, à pas feutré pour ne pas l'effrayer, ce qui relève du challenge avec nos chaussures de rando sur les végétaux. Pendant un bon quart d'heure, nous nous laissons guider par les cris du toucan, avançant petit pas à petit pas comme des sioux. En plus d'avoir l'ouie (la distance évaluée s'avérera exacte), notre guide a l'oeil : en sortant du sentier et en contournant quelques troncs, il arrive à détecter le toucan perché sur une très haute branche. Nous prenons silencieusement un cliché de la bête aux dimensions impressionantes : plus d'un mètre de long avec sa grande queue blanche et noire et son énorme bec jaune surmonté d'une corne. Il ne tarde pas à nous détecter et prend son envol, aussi large qu'un avion et déplaçant de grosses masses d'air à chaque battement d'ailes.
Gotcha toucan !
Pendant notre repas, un fort aboiement nous fait sursauter. Il s'agit d'un hyène, qui comme nous l'explique notre guide, chasse des cerfs. Nous apercevons d'ailleurs quelques touffes de poils sur le sentier, preuve d'une attaque groupée récente des hyènes sur les cerfs. Les hyènes ont peur de l'homme le jour, mais dès 17h, il ne vaut mieux pas croiser l'une de leur meute !
Au 4e km, le sentier sort enfin de la jungle et débouche sur une vaste plaine où s'agitent de nombreuses plantes blanches comme des pissenlits géants. Cela confère au paysage un aspect féérique et à la rando un répit bienvenu. Nous montons dans une tour d'observation pour apprécier le panorama des champs encerclés de jungle et ses petits bassins salins où les éléphants sauvages viennent s'y baigner de nuit.
Nous rentrons une fois de plus à l'arrière d'un pick up où nous savourons une dernière fois les plaisirs du safari dans la jungle. Notre trek se finit ainsi, tout comme nos aventures à Khao Yai, qui n'a pas volé sa réputation !