Un blog d'évasion. Le carnet de mes voyages : Irlande, Nouvelle Zélande, thailande, et bientôt japon ! Ainsi que mes essais et une 1ère nouvelle publiée ! Bonne lecture...
Comme convenu, après cette journée passée à Auckland s’ensuit une nouvelle destination : l’ile Waiheke, située dans la baie Est d’Auckland. En fin d’après midi nous nous rendons au terminal du Ferry qui est censé nous amener sur l’ile, à trois quarts d’heure de navigation du port. Nous sommes vraiment soulagés de pouvoir poser toutes nos affaires dans une cabine et de nous balader sur le pont. Je suis très étonné de la grande taille du ferry par rapport au nombre de passagers qu’il transporte. A vrai dire, seulement 3 personnes sont avec nous à bord, un américain, une chilienne et le capitaine ! Ce dernier se prénomme Gerry, il a vraiment le look d’un très vieux capitaine de navire qui n’a jamais mis le pied hors de son rafiot. Une barbe ancestrale, un œil toujours fermé et un ensemble bleu marine entièrement rapiécé. Il maugréé dans sa barbe hirsute et lorsqu’il daigne adresser la parole aux passagers, c’est avec un accent indéchiffrable. Ce type là n’inspire vraiment pas la sympathie !
Le ferry met le cap sur Waiheke. Au bout d’une demi-heure, nous ne voyons déjà plus les grands immeubles d’Auckland. C’est agréable de laisser si rapidement derrière nous la folie citadine ! C’est alors que le capitaine nous interpelle dans sa cabine de gouvernail, via les hauts parleurs situés un peu partout sur le bateau. Marine et moi sommes les derniers à débarquer dans sa cabine. L’américain et la chilienne sont déjà attablés, un verre de vin à la main. Le capitaine, qui n’a pas lâché la barre, nous invite à se servir de ce vin issu de sa précieuse collection personnelle. Pour quelqu’un en apparence peu enclin à partager quoique ce soit, il fait soudainement preuve d’une grande générosité !
Il n’y a pas de nom sur ce vin, juste une étiquette usée et écornée indiquant l’année 1999… Un vin de 11 années ça ne se refuse pas ! Nous sommes tous d’accord sur le fait que ce soit le meilleur vin que nous ayons goûté jusqu'à alors. Marine propose un verre au capitaine, mais il refuse sèchement car il ne peut lâcher la barre en aucun cas. Son unique œil ouvert lance un regard dur qui ne trésaille pas de son objectif : l’horizon.
C’est difficile de se contrôler ! Les effets de l’alcool et le goût si particulier du vin nous poussent à nous resservir plus d’une fois. L’américain et la chilienne sont très euphoriques, ils rigolent grassement et s’envoient des allusions sexuelles pas très fines. Peu après ils se lèvent et s’en vont dans l’une des cabines. Marine ne se sent pas très bien. L’alcool et le tangage ne font pas bon ménage… Je lui recommande d’aller se coucher, mais elle n’a même plus la force de se lever de sa chaise. Là c’est plus grave… En me levant pour l’aider je m’aperçois que tout tourne très vite autour de moi. En essayant tant bien que mal de me stabiliser, je vois la tête de Marine qui tombe violemment sur la table, comme si la vie l’avait soudainement quittée ! J’ai à peine le temps de crier son nom que ma vue se trouble et mes forces m’abandonnent entièrement. Mon corps s’écroule comme un pantin inanimé et ma tête heurte le sol dans un bruit sourd. Mon dernier regard croise celui de l’unique œil du capitaine, qui s’était retourné avec sous sa barbe un sourire effrayant comme seule forme d’expression. Mon esprit sombre dans le néant.
Je me réveille meurtri… j’ouvre les yeux sur un ciel sombre et humide. Je sens que je suis allongé sur un sol spongieux car mon dos est trempé. Je tourne la tête et j’aperçois non loin le corps de Marine. Je me lève douloureusement et d’un coup d’œil évalue l’endroit. Nous sommes sur une petite plage de sable, entourée de récifs acérés. J’accoure vers Marine en criant. Elle semble à demi inconsciente. Son visage ne présente aucune blessure. J’essaie de la réveiller avec la manière douce. Aucun effet. Un doute horrible m’envahit. Je lui donne alors des petites claques, qui heureusement la tirent de son coma. Ses yeux s’entrouvrent et d’une voix enrouée elle me dit « Chamour », comme si de rien n’était. Comme si c’était un matin comme les autres…
Après qu’elle ait repris ses esprits elle se met à me poser des questions dont je ne connais pas les réponses. On se demande bien sur quelle partie de la Nouvelle Zélande nous sommes, et pourquoi hors du ferry ? On se serait échoués ? Où sont les autres passagers ? Nous n’avons aucun souvenir de ce qu’il s’est passé depuis la beuverie dans la cabine du capitaine…
Les conditions climatiques nous ramènent a la réalité… il fait extrêmement froid et humide, et le vent violent collent les vêtements mouillés à la peau. Nous décidons de chercher rapidement un abri avant de mourir d’hypothermie. La fatigue, la grosse migraine et les douleurs musculaires nous empêchent de courir. Nous nous éloignons de la plage et commençons à arpenter de gros rochers. En prenant un peu de hauteur, nous pouvons observer la flore alentours. La végétation est très rase et disparate, il n’y a pas un seul arbre, le terrain est très accidenté. Une vie existe tout de même : d’immenses albatros sont posés sur leur nid ici et là… Au loin, une colline complètement nue se dresse au milieu de ce no man’s land. C’est au sommet qu’il faut se rendre pour repérer un abri ! Nous ne perdons pas de temps. Apres une bonne heure de marche pour atteindre le pied de la colline et une ascension éprouvante due a l’absence de sentier, nous arrivons au sommet.
Le choc ! De l’autre coté s’étend un paysage quasiment désertique qui se jette dans la mer ! D’ici nous pouvons voir l’eau qui nous entoure de part et d’autre. Nous prenons conscience de l’horrible réalité : nous avons échoués sur une minuscule ile déserte ! Aucune trace de l’embarcation, ni des autres passagers… Nous sommes seuls, sur un bout de terre perdu au milieu de l’océan.
Marine, entre 2 crises de larmes incontrôlées, pointe du doigt vers un point gris au bout d’une péninsule. Cela pourrait être une cabane à quelques kilomètres… Une lueur d’espoir nait !
Nous nous précipitons vers l’abri tant désiré. À mesure que nous approchons, le point prend forme. C’est bien une cabane ! Nous faisons fi de la fatigue et du froid mordant pour abattre rapidement les derniers mètres. La structure de la cabane accuse d’une usure extrême. Le bois est pourri, les fondations semblent branlantes sous l’impact du vent. L’espèce de planche de bois faisant office de porte n’est pas fermée, elle claque régulièrement contre l’encadrure avec un grincement aigu. Avec une certaine appréhension je la saisis et l’ouvre d’un coup.
Une semi-obscurité règne à l’intérieur… Le mince filet de lumière traversant une vitre extrêmement poussiéreuse ne parvient pas à éclairer la petite pièce. Une forte odeur de pourriture flotte dans l’air, malgré l’aération provoquée par les claquements de porte. Nous avançons à tâtons, le temps que nos yeux s’habituent a l’obscurité. Rapidement, nous distinguons un mobilier précaire, une table, 2 chaises, un poêle à bois, un lit superposé ainsi qu’une armoire en fer forgé. Je cherche en vain un interrupteur sur les murs. En tâtonnant des mains sur la table, je découvre beaucoup de paperasse et des objets peu familiers. Je m’arrête sur un objet en particulier qui retient mon attention : une lampe a huile ! Elle doit dater d’au moins un siècle ! Je me demande si elle fonctionne encore…
Marine de son coté regarde les objets entreposés dans l’armoire. Des dizaines de boites de conserve et des paquets de biscuits sont rangés sur toutes les étagères. Elle tombe sur des bouteilles d’huile et plusieurs paquets d’allumettes sous plastique. Avec beaucoup de chance elles ont peut être été protégées de l’humidité ambiante…
Je recharge la lampe et gratte une allumette, puis deux, puis trois... Après un nombre incalculable d’essais, une étincelle jaillit puis une flamme. La mèche imbibée d’huile prend feu et petit à petit une lumière salvatrice se diffuse. La pièce enfin éclairée révèle les dégâts du temps. Tous les objets semblent dater d’une époque lointaine… La rouille s’est emparée des carcasses de l’armoire et du poêle, tandis que la moisissure a rongé tout le bois et les matelas.
Nous cherchons un indice temporel parmi les provisions… Les paquets de biscuits présentent des packaging d’un autre âge. Une date limite de consommation confirme enfin ce que l’on redoutait… Mai 1929.
Stupeur… Ce refuge date d’avant guerre ! Cette ile serait tellement isolée du monde que personne ne serait venu depuis ? Une multitude de questions nous assaille, réveille le sentiment de panique que nous avions enfoui a l’entrée. J’essaie de calmer Marine qui craque complètement, en vain.
Je me décide à chercher d’autres indices. Parmi les nombreux papiers étalés sur la table, je découvre une photo en couleur qui semble avoir échappée à la détérioration. Dessus, un équipage de 4 marins, avec en son centre un fier gaillard au faciès qui m’est familier… Derrière la photo, l’inscription Totorore crew & Gerry Clark, 12 juin 1999… Le nom de Gerry résonne dans mon esprit… Le capitaine de notre ferry ! Son image de vieillard antipathique me revient. Si c’est bien le même sur la photo, difficile de croire qu’il n’a que 11 ans de plus… Il semblerait qu’une éternité se soit écoulée, tellement son visage est marqué par les affres du temps ! En tout cas il est déjà passé par là, et nul doute qu’il y est retourné pour nous y déposer !
Je continue à chercher, de plus en plus intrigué par l’histoire de ce refuge… J’aperçois à l’autre bout de la table un petit carnet noir qui avait échappé à mon attention. Le nom de Gerry Clark y est inscrit. Seulement quelques bouts de phrase mystérieuse apparaissent clairement sur les pages jaunies.
« Naufrage… seul survivant…
Un caillou aux antipodes de Londres...
Seul… combien de temps s’est écoulé ici… le temps paraît comme stoppé….
Ces foutus oiseaux… Ceux qui me passionnaient ne sont maintenant que de la chair a mes yeux…
… L’espoir que l’on me retrouve est mort… J’ai commencé à creuser pour ma liberté…
Dans le noir… des jours, des mois, des années ?
Je pense avoir atteint le centre… il y fait plus chaud que là haut… »
Quelques pages après, un plan représentant l’île a été esquissé. C’est à peu près ce que nous avions vu du haut de la colline, hormis quelques détails étonnants qui nous ont échappés… Un gros point noir apparaît au pied de la colline, côté Est, avec les mots « freedom hole » inscrits au dessus. Une sorte de petite baie au Sud Ouest a également été mis en valeur avec une annotation « yellow-eyed pinguins » et un dessin de fourchette. J’imagine qu’il a du se nourrir de pingouins et d’albatros pour survivre dans ce milieu… Cela me rappelle soudainement que nos estomacs sont vides depuis une éternité. Je me retourne pour proposer à Marine de chercher quelque chose de comestible à manger. Mais je ne vois personne derrière moi. La porte est grande ouverte et l’air froid s’y engouffre. J’étais tellement fasciné par ma lecture que je ne me suis même pas aperçu de sa sortie.
Un cri strident retentit. C’est elle ! Je sors en trombe de la cabane en hurlant son nom. Le jour commence à décliner. Je ne vois personne autour. Un deuxième cri. En regardant dans sa direction je l’aperçois, complètement statique à quelques centaines de mètres. Une silhouette se tient tout près d’elle. J’accoure avec une vitesse fulgurante. En arrivant à son niveau je vois le visage de Marine figé par la peur. En face, l’américain du ferry, la bouche pleine de sang et de bouts de chair sanguinolents. Ce sang n’est pas le sien, mais celui du pingouin qu’il traine derrière lui, le corps à moitié dévoré et dont la tête manquait.
« Hey guys, you wanna share ? » dit-il en montrant son gibier éventré.
« Not… not really » répond Marine d’un air effaré.
Pourtant, l’américain insiste. Il s’approche encore en nous tendant le cadavre. Je le repousse fortement. Son visage se tord soudainement sous l’effet de colère, il tente de me frapper avec son pingouin mort. J’évite sans peine son coup trop lent et réplique par un coup de poing sec dans l’estomac. Il se plie en deux avec un gargarisme étouffé. Marine intervient, le frappe violemment à la tête avec un caillou qu’elle venait de ramasser. Il tombe. Je n’attends pas qu’il se relève, prend ma copine par la main et fonce vers la cabane. À l’intérieur, je montre à Marine la carte et le trou mentionné par Gerry. Je veux découvrir ce que c’est. Nous y serons peut être plus à l’ abri de cet américain devenu fou. Rapidement nous prenons le carnet, la lampe à huile et quittons les lieux.
La fatigue, le froid et la faim nous tiraillent mais l’adrénaline nous fait avancer. Nous courons sans nous retourner jusqu'au pied de la colline.
En contournant la colline vers l’Est nous trouvons au sol un large cratère avec en son centre une petite cavité sombre. J’allume la lampe, descend jusqu'au trou et en éclaire l’entrée. Il y a à peine d’espace pour y faire passer 2 personnes cote à cote. En abaissant un peu la lampe je m’aperçois d’un objet planté horizontalement dans la paroi du puits. Ce sont deux barres de fer auxquelles est attache une échelle de cordes rudimentaire qui descend dans le gouffre ! Peut être y’a-t-il un bunker en bas, à la Lost ? Dans son carnet, Gerry parle de liberté et de chaleur… Ces 2 mots nous décident à agir. J’accroche la sangle de la lampe à huile à ma ceinture, serre très fort la main de ma chère et tendre, et sur un regard de bravoure nous nous engouffrons dans le néant.
Les parois sont luisantes d’humidité. La corde de l’échelle est rêche et usée, elle ne date pas d’hier, mais semble supporter nos 2 poids. À mesure de notre descente, l’obscurité s’épaissit, à peine entamée par la faible lumière de la lampe. L’ouverture sur le ciel au dessus de nos têtes disparait rapidement. Nous gravissons continuellement les échelons tant qu’ils apparaissent sous nos pieds, sans savoir jusqu’où cela va nous mener. La descente est interminable. Le sentiment de claustrophobie commence à nous secouer. L’air vient à manquer, nos membres tétanisent. Malgré cela, quelque chose de plus fort nous pousse à continuer.
Soudain, un bruit sec se fait entendre. Les cordes de l’échelle viennent de se sectionner net, à une distance du fond du trou qui nous est inconnue. Je me sens chuter. J’ai à peine le temps de lever les yeux, de voir Marine au dessus de moi qui tombe également. Nous hurlons sans même nous en rendre compte. La peur de mourir écrasé au fond de ce gouffre, là où personne ne pourra jamais nous trouver.
Mais nous n’atteignons pas de fond. La profondeur du boyau semble infinie. Nous chutons à une vitesse extrême, en essayant tant bien que mal de ne pas racler les bords étroits. Je sens une énorme pression s’exerçant sur mon corps, augmentant sans cesse. Je n’entends plus Marine au dessus. Elle a du s’évanouir. La lampe attachée à ma ceinture s’est éteinte. Je suis seul conscient du cauchemar que nous vivons. Une chute dans un puits sans fin et l’obscurité la plus totale.
Tous mes sens me lâchent, ma perception des choses se brouille. Je ne sais plus si j’ai la tête en haut ou en bas, une chaleur croissante se diffuse dans chaque parcelle de mon corps et un sifflement strident me perce les tympans. J’aimerais m’évanouir, ne plus subir ce supplice. Mais quelque chose d’autre se produit.
J’ai petit à petit l’impression que ma chute ralentit. Une sensation de légèreté m’envahit et s’accroit. La chaleur augmente également et l’obscurité se dissipe. Je commence à voir certains détails des parois, qui s’apparentent a de la roche. Je m’aperçois qu’elles défilent de moins en moins vite, comme si une force opposée freinait ma course folle.
J’atteins un état d’apesanteur quelques centaines de mètres plus bas. Mon corps est devenu extrêmement léger. Je flotte à une profondeur inouïe sous la surface de la terre, dans un trou sans fond ! La roche est maintenant rouge vive et la chaleur suffocante. Je ne peux même pas toucher les parois plus de 10 secondes sans me bruler. Je lève la tête et observe Marine qui flotte nonchalamment. Je la saisis par le pied et la ramène vers moi. Elle est toujours évanouie. Heureusement, aucun de ses membres n’a touché les murs pendant la chute. Elle est tombée comme une allumette. J’essaie de la réveiller doucement, sans succès, puis avec des petites claques. Elle ouvre les yeux et émet un « Chamour » à peine perceptible. J’ai déjà vécue cette scène il y a peu… Le scenario se répète, à un autre endroit complètement fou. Je tente de lui expliquer brièvement la situation paranormale et la persuade de continuer notre descente. Nous n’avons pas le choix, si nous restons plus longtemps ici nous mourrons de chaud. Nous nous retournons tête en bas, puis nous nous propulsons comme si nous nagions dans une piscine. Nous pouvons ainsi avancer sans difficulté à travers le gouffre !
Un peu plus bas, je perçois un corps flottant. Je pense d’abord à une déformation visuelle causée par l’extrême chaleur qui règne ici. Mais en m’approchant je discerne un corps humain aux habits à moitié calcinés. Un doute me prend. Le corps est recroquevillé, il parait inanimé. Je le retourne vers moi et découvre avec stupeur son identité. C’est la chilienne du ferry !!! Une expression de terreur est figée sur son visage et son cou présente un angle anormal… J’en déduis avec horreur qu’il s’est brisé pendant la chute. Elle serait descendue avant nous dans le trou ? Cette vieille échelle de corde n’aurait pas supportée nos 3 poids ? Une intense culpabilité nous assaille. Pour couper court à toute crise de folie, nous décidons de continuer à descendre et de laisser dernière nous cette macabre découverte.
Nous passons une section « fournaise ». Les murs ont un aspect de roche fondue par la chaleur. Nous pouvons sentir les battements d’un gigantesque cœur de magma à des kilomètres derrière ces murs. Une enveloppe de sueur perpétuelle nous couvre de la tête aux pieds. Nous ôtons tous nos habits et poursuivons notre plongée complètement nus, sans pudeur.
Après ce qui nous parait être de nombreuses heures la température se rafraichit. La roche des parois s’assombrit, la lumière décline. À notre grande surprise nous trouvons l’extrémité d’une autre échelle de cordes flottante. À cet instant, nous ne savons plus si nous sommes retournés sur nos « brasses », ni dans quel sens nous sommes car à présent nous avons la tête en haut alors qu’elle était en bas… Complètement désorientés ! Qu’à cela ne tienne nous saisissons les cordes et commençons la lente ascension.
La gravité se fait sentir à mesure que nous prenons de la hauteur. Notre lourdeur revient et c’est maintenant notre propre poids qu’il faut soulever. Nous sommes à bout de forces, mais en aucun cas il ne faut lâcher. Nous ne survivrons pas à une autre chute.
C’est alors qu’un miracle se produit. Dans le noir le plus total, ma tête heurte une surface. Nous avons atteint un sol, un plafond ou quoique ça puisse être, après une éternité passée dans ce trou ! La surface est métallique. J’entends un bourdonnement derrière, qui ne m’est pas inconnu… Plein d’espoir je me mets à taper de toutes mes forces. La plaque cède. Je la pousse sur le coté, sans quitter l’échelle. Une luminosité intense pénètre dans le gouffre. Quelques minutes sont nécessaires pour se réhabituer à la lumière du soleil et ouvrir les yeux sur un ciel bleu.
Je suis le premier à sortir à la surface. Marine me suit, sans comprendre pourquoi je ne m’exclame pas. Le spectacle qui s’étale devant nos yeux m’ôte les mots de la bouche. Nous sommes sur une immense avenue où la circulation routière fait rage. Nous avons tout juste le temps d’éviter un bus rouge à 2 étages qui manque de nous écraser. À notre droite se dresse une grande tour que nous avons déjà vu il y a longtemps de cela… Big Ben. Londres.
C’est tout ce dont je me souviens… Je pense m’être écroulé après avoir découvert l’endroit où nous avons atterri. Je vous rapporte ce récit depuis Christchurch, allez savoir comment je suis revenu au point de départ !
J’ai besoin de vous lecteurs pour résoudre les nombreuses énigmes que comporte cette histoire. Les plus motivés pourront me faire part à travers leurs commentaires des informations péchées sur le net ou naturellement déduites du texte. Je posterai plus tard une liste de questions directrices pour les plus flémards qui ont toutefois envie de m’aider à comprendre les rouages de ce bordel !
EDITION du 13/04/10 :
Voici quelques esquisses pour illustrer le récit à ma sauce :
Le capitaine :
La scene du vin (je suis en train de tomber) :
L'ile :
La cabane :
Le freedom hole :
En attendant, les énigmes de mon récit ne sont toujours pas résolues ! Il n’y a pas de « légende » comme vous vous entêtez a dire, car tout est tiré de faits réels ! Je vous poste une série de questions auxquelles il faut répondre ! Je ne continuerais pas à vous raconter ma vie en NZ tant que je n’aurais pas quelques éléments de réponses. J’en suis réduis au chantage, c’est triste ;)
1) Quelle est l’ile sur laquelle nous avons échoués ?
2) A quelle date a eu lieu le naufrage de Gerry Clark sur cette ile ?
3) Quelle était la profession de Gerry Clark ?
4) Pourquoi les provisions du refuge datent de 1929 ?
5) Que traverse « le freedom hole » ?
6) D’après vous, pourquoi nous mettons nous à flotter à un certain point du gouffre ?
7) Pourquoi atterrissons-nous à Londres ?
Voila, toutes les réponses ont une explication historique, rationnelle ou logique ! Il n’y a pas de fiction sans éléments de réalité ! En vous baladant un peu sur le net vous trouverez facilement quelques indices, mais d’autres sont plus ardus ! Je ne suis pas cruel au point d’attendre que vous répondiez à toutes les questions, no worries…