Un blog d'évasion. Le carnet de mes voyages : Irlande, Nouvelle Zélande, thailande, et bientôt japon ! Ainsi que mes essais et une 1ère nouvelle publiée ! Bonne lecture...
Cela fait maintenant un mois que nous sommes revenus en France. C’est aussi le temps qu’il aura fallu pour nous remettre du décalage horaire, revoir la famille et nos amis, redécouvrir les joies de la gastronomie et culture française et prendre du recul sur notre extraordinaire voyage.
L’heure est donc au bilan… Exercice assez difficile étant donné le nombre impressionnant de choses que l’on a vu et vécu !
Pour ceux qui ont lu l’intégralité de mes articles, la Nouvelle Zélande n’a plus de secret. Il faut dire que nous avons quadrillé quasiment tout le pays, les quelques recoins d’intérêt qu’il nous restait à voir se comptent sur les doigts d’une main… Et cela nous donne une bonne opportunité d’y retourner un jour !
Pour tous les autres qui seraient tombés sur mon blog par hasard où auraient vaguement parcouru la masse indigeste de textes et de photos, je veux bien faire un petit effort de synthèse.
La Nouvelle Zélande est un pays magnifique. Tellement magnifique qu’après plusieurs jours d’affilée passés à vagabonder et s’émerveiller des paysages, on a l’impression d’un trop-plein de merveilles. J’ai déjà eu ce sentiment le 8ème jour de notre road trip printanier, lorsque je n’arrivais plus du tout à saisir la beauté extrêmement pure d’Abel Tasman. Je me baladais sur les plages vierges au sable jaune orangé et la mer vert jade sans vraiment percuter que je foulais un paradis terrestre !
A mon sens, le meilleur moyen de voyager en Nouvelle Zélande et d’en profiter réellement, c’est d’y vivre. C’est con mais vrai : faire un break urbain entre deux trips nature, ca repose les sens ! Du bruit et de la pollution, c’est ce qu’il faut pour pouvoir capter la beauté visuelle et sonore du prochain trip dans le wild ! Nous avons croisé nombre de touristes qui faisaient le tour du pays en seulement 3 semaines et visitaient les mêmes points d’intérêt, je pense très sérieusement que ceux là n’auront pas saisi l’ampleur de la diversité des paysages. Pour eux, toutes les forêts se ressemblent. Pour nous, chacune est unique par une combinaison bien spécifique de végétaux, de chants d’oiseaux et d’humidité. Nous nous sommes surpris avec nos amis anglais, eux aussi explorateurs patients du pays, à reconnaître exactement l’endroit où à été prise une photo montrant du bush et/où une masse d’eau. C’est bien que chaque coin a son signe distinctif malgré leur apparente similarité !
Montagnes alpines, bush, plages sauvages, rivières, glaciers, fjords, volcans, sites géothermiques… On y trouve de tout ! Comme je l’ai dit dans un article précédent, ce pays est une myriade de merveilles diverses et variées dans un mouchoir de poche ! Bien choisir la saison pour se promener sur chacune d’entre elles permet de les apprécier à leur juste valeur (les sommets enneigés au début du printemps où des sapins aux épines rouges vif en automne sont toujours un plus pour la beauté environnante !) et surtout d’éviter les touristes ! Malgré le peu d’habitants (4 millions) le pays se remplit vite de touristes à la saison estivale (noël à mars). Si on a le « malheur » de se retrouver dans des coins ultra famous pendant cette période, le nombre de camper van sur les routes et de touristes en tous genres peut facilement gâcher le sentiment de solitude qu’on recherchait. Hors saison touristique, les moments de parfaite communion avec la nature sont légion, tant le choix de coins complètement désertés par l’homme est vaste !
La beauté « carte postale » des paysages confère donc au pays cette fameuse image verte revendiquée à tort et à travers pour attirer le maximum de touristes. Mais qu’en est-il réellement de l’écologie ? Nous avons eu la chance de pouvoir vivre en ville, côtoyer les locaux, barouder un peu partout et travailler chacun dans un domaine différent de l’environnement. Nous sommes donc parfaitement en mesure de lever le voile sur cette fausse image verte… Tout d’abord, le mode de vie des habitants est à l’américaine. Chacun a son gros 4x4 gourmand en diesel, qu’il justifie par la proximité rurale et de la nature aux sentiers non goudronnés… ça n’excuse pas son utilisation abusive en ville ! Très consommateurs, ils produisent beaucoup de déchets, heureusement le tri et le recyclage sont exemplaires : 3 poubelles distinctes par maison contre deux en France… Là où le bas blesse, c’est la consommation de chauffage l’hiver, tant les maisons sont extrêmement mal isolées et pleines d’immenses fenêtres ! C’est contradictoire car la température gravite facilement autour de 0°C l’hiver dans toute l’Ile du sud ! Beaucoup se chauffe encore au bois, surtout dans les zones rurales car ce type de combustion a été interdit en ville suite aux brumes noires qui ont envahies Christchurch au milieu du siècle dernier… Ils sont clairement en retard sur certaines réglementations environnementales, Marine peut le confirmer pour s’être battu bec et ongle sur la réalisation d’un bilan carbone dans un centre de recherche. Alors que c’est en plein essor en Europe, les néo zélandais en ont à peine entendus parler… A vrai dire, ils se contrefichent du changement climatique car ils n’ont pas du tout l’impression de faire partie d’un tout. Il ne faut donc pas s’étonner que la Nouvelle Zélande soit classée dans les pays les plus émetteurs de GES de la planète (par habitant) ! Pour ma part, j’ai été confronté à une réglementation très stricte en matière de protection des ressources en eau en complète opposition au développement intensif de l’industrie fermière, appuyé par le gouvernement. Industrie, le mot est faible, car il suffit de rouler un peu en dehors des villes pour s’apercevoir de l’étendue des pâturages et des champs agricoles : il y en a absolument partout !!! Extrêmement gourmande et polluante des ressources en eau, l’activité fermière intensive est également destructrice de milliers d’hectares de forêts natives. Il suffit de regarder une carte du pays avant la colonisation et une de nos jours pour voir l’ampleur des dégâts : entre 60 et 70% des forêts ont été décimées ! Heureusement que les 14 parcs nationaux sont extrêmement bien protégés par le DOC (Department of Conservation) car c’est bien tout ce qu’il reste de sauvage !
Le kiwi signifie trois choses : un fruit bien connu à la chair verte ou jaune selon la variété, un oiseau sans aile natif de Nouvelle Zélande que je placerais volontiers au rang de mythe créé de toutes pièces tellement il est rarissime, craintif et fragile, et enfin ce terme désigne aussi les néo-zélandais ! Ces derniers sont d’un calme et d’une gentillesse croissante avec l’âge, contrairement aux français qui s’aigrissent au fil des ans pour finir comme des vieux croutons impatients, haineux et détestables (caractéristiques du large échantillon de la côte d’azur, plus ou moins représentatif). Les kiwis ont le sens du service, sont aimables et polis, font confiance et ne se prennent pas la tête avec des conneries administratives. Ils ont également un sens de l’humour et de la dérision omniprésent, qu’ils soient manager, fermier, menuisier, consultante en fiscalité ou tout simplement en train d’attendre le bus ! Selon nous, ces qualités sont dues à la faible population, la rareté des buildings et de surcroit l’existence d’un espace vital (grande maison + jardin) et d’un confort de vie pour chacun, sans oublier une économie stable donc une activité professionnelle qui peut durer jusqu’à 83 ans (cf. mon patron). Très sportifs, la majorité d’entre eux idolâtrent le God Rugby et s’y entraîne dès le plus jeune âge. Les vieux ne sont pas en reste, il suffit de les voir grimper des sentiers de rando raides à 90% comme si c’était une balade champêtre. Ils ont le goût du risque et de l’extrême, à en juger les dizaines d’activités bourrées d’adrénaline qu’ils pratiquent (et l’état périlleux de certaines randos !)
Mais où sont les maoris dans tout ça ? J’ai répondu récemment à cette question dans l’article sur Rotorua, et décrit en long et en large à quel point nous étions happy de les avoir trouvés juste avant de quitter le pays. Pour ceux qui voyagent dans l’Ile du Sud, inutile de les chercher car ils sont majoritairement présents dans l’Ile du Nord. Allez savoir si c’est pour la chaleur où le nombre de sites sacrés… En tout cas, malgré la présence de la très riche et grande tribu Nga Tahu sur l’Ile du Sud, nous n’avons pas pu les approcher à Christchurch. Plutôt fermés dans leurs traditions, Marine n’a, par exemple, pas pu prendre des cours de chant ou danse traditionnelle. Nous en sommes venus à la conclusion que le seul moyen de s’intégrer chez les maoris du Sud était le mariage. Cela implique évidemment de connaître un(e) maori(e)… chose difficile car ils ne courent pas les rues et ils ont même leurs propres écoles.
Même si en apparence, la présence de la culture maorie est très forte, elle est malheureusement trop souvent utilisée à des fins touristiques. Nous avons volontairement évité toutes les représentations payantes en costumes d’époque, de véritables attrape touristes qui n’honorent pas forcément les traditions. L’art maori est également à vendre avant tout le reste. Omniprésent dans les boutiques de souvenirs, made in Asia et de piètre qualité, il m’est complètement sorti par les yeux. Pour se procurer de véritables objets d’arts sculptés par les locaux, je ne conseillerais que les petites boutiques de craft au bord des routes de l’Ile du Nord. Nous avons trouvé tout cet apparat plutôt honteux, d’autant plus contradictoire qu’il nous a été impossible de trouver un seul resto maori dans tout le pays…
Les méfaits de la colonisation européenne, sans aucun doute… Même si celle-ci s’est 100 fois mieux déroulée qu’en Australie - il n’y a pas eu trop de massacre et tout le monde vit maintenant en paix -, elle a clairement créée une scission entre les deux peuples. Le traité de Waitangi dont les anglais sont si fiers, censé établir la paix et l’équité, a fait l’objet d’un procès de 148 ans avant qu’il ne soit reconnu que ses clauses portaient préjudice aux tribus maories et que justice leur soit rendue ! L’un de mes articles décrit plus en détail pourquoi ce traité est une vaste blague. Mais ne soyons pas si négatifs… car c’est une excellente chose que la langue et les coutumes aient été sauvegardées, et qu’elles continuent à être revendiquées et transmises de générations en générations !
Voilà, je pense avoir couvert tous les aspects qui nous ont le plus marqués dans ce pays… Même si la société néo-zélandaise n’est pas exempt de défauts, sa faible population constitue un avantage majeur. Tout au long de l’année nous n’avons ressenti que des sentiments d’émerveillement, de détente, de sécurité et surtout d’immense liberté. Prendre sa caisse un week-end et se retrouver une heure plus tard au beau milieu d’une nature superbe, complètement sauvage et dénuée d’êtres humains, c’est à mon sens ce qui décrit le mieux la Nouvelle Zélande.
Sweet As Aotearoa ! (Sweet As pays du long nuage blanc !)