Un blog d'évasion. Le carnet de mes voyages : Irlande, Nouvelle Zélande, thailande, et bientôt japon ! Ainsi que mes essais et une 1ère nouvelle publiée ! Bonne lecture...
Comment j’ai pu parler de la Nouvelle Zélande sur des pages et des pages sans même énoncer un mot sur le sport national ?
Pour pallier à cet outrage, nous allons voir un match de rugby, un vrai, que disputent les Crusaders, l’équipe du Canterbury, contre les Lions d’Afrique du Sud. Trois copines de Marine, deux hollandaises et une suisse-allemande, nous accompagnent.
Pour Marine et moi, c’est bel et bien la première fois que nous entrons dans un stade. Absolument rien ne nous poussait en France à aller voir des matchs en live, tant l’ambiance semblait méprisable. Ici c’est différent, l’ambiance est très… familiale ! En fait on ne croise que des parents et leurs enfants dans les gradins ! Les mioches sont même très jeunes, ils sont déguisés, peints et agitent des drapeaux de leur équipe favorite ! Je n’aurais jamais cru être entouré de ce genre de spectateurs lors d’un match de rugby (sport bestial qui plus est !) Alors qu’en France on brandit des banderoles d’insultes, on casse la gueule à son prochain et on balance des canettes de bière sur les joueurs, ici ce ne sont que barbe-a-papa et petites épées en plastique représentant l’équipe locale !
C’est dans cette atmosphère bon enfant que commencent les festivités. Les Crusaders font une entrée majestueuse : sur les airs de Star Wars puis des grands péplums, un dark knight sur un cheval noir fait le tour du stade en brandissant une épée. Survient ensuite une procession de cavaliers accoutrés en croisés de la tête aux pieds, faisant tournoyer leur lame encore vierge de sang. Enfin les joueurs des Crusaders entrent en scène dans un fracas de flammes et d’applaudissement. A coté de ça l’entrée des Lions fait vraiment pale figure et d’emblée nous savons qu’ils sauront boudés par les spectateurs, le commentateur et les effets pyrotechniques.
Qu’ à cela ne tienne, ils commencent fort en marquant quelques buts, à peine signalés par le commentateur. Nous, on est tout devant et on ne voit pas grand-chose à part des culs gonflés à la créatine. Je ne connais pas grand-chose au rugby. Je trouve le rythme très saccadé. Une mêlée par-ci, une mêlée par là et de rares échappées. L’ambiance dans le stade est au plus calme. Ça regarde tranquillement, bouffe des pop corn, remet en place les gosses qui s’impatientent. Heureusement les Crusaders remontent le score puis creusent l’écart. Une ola générale vient les soutenir dans leur croisade vers la victoire, puis s’éteint aussi vite qu’elle est apparue. Malgré le silence qui règne ici, je ne m’ennuie pas et ne décroche pas du match. Quelques frissons me parcourent l’échine lorsque j’assiste à une belle échappée du milieu de terrain jusqu'à mes pieds.
Les Crusaders remportent le match haut la main car les Lions n’ont pas même essayé d’égaliser en fin de jeu. Une sorte de nervosité parcourt alors le public. Les gosses se lèvent et s’amassent au premier rang. Non pas pour faire un triomphe à leur équipe, mais pour quelque chose de très kiwi… Un grand claquement se fait entendre. Les portillons des gradins viennent de s’ouvrir. Nous assistons à un rush général ! Des centaines de gosses se jettent sur la pelouse et accourent vers les joueurs. C’est une séance de photo-autographes avec les 2 équipes sur le stade qu’ils ont foulés 5 minutes plus tôt ! Nous nous melons a la foule, mais les Crusaders ayant été littéralement assaillis par les moucherons nous préférons accoster les Lions délaissés par le public. Je pose avec l’un de ces immenses titans dont je ne connais pas le nom. Ce n’est qu’après avoir posé ma main sur son dos que je m’aperçois des flots de sueur qui s’en dégagent et me collent aux doigts.
Les copines de Marine ramènent des photos ou elles posent fièrement avec les beaux gosses des Crusaders. Je sais maintenant pourquoi elles sont venues !
Nous finissons la soirée dans un bar sportif, le Holy Grail, quoi de plus normal ! Je m’attendais à voir plein de gens super contents, mais il n’y a que quelques personnes qui crient plus que l’ensemble du public de tout a l’heure, et ce pour un tout autre match qui passe à la télé.
J’avais de trop grandes attentes de ce match, mais j’ai toutefois passé un agréable moment. Le rugby, malgré son rythme peu soutenu, procure des moments forts. J’imagine l’ampleur d’un match disputé par les grands, All Blacks VS XV de France, en live au stade d’Auckland. Dire que cela pourrait devenir une réalité l’année prochaine… qui sait peut être pourrions nous compter parmi les 63 000 spectateurs ?