Un blog d'évasion. Le carnet de mes voyages : Irlande, Nouvelle Zélande, thailande, et bientôt japon ! Ainsi que mes essais et une 1ère nouvelle publiée ! Bonne lecture...
Le temps pourri du mois de janvier nous auras scotché à la maison les week-end et poussé à s’ouvrir a des activités plus lazy… Mais avec le festival terminé et le retour du beau temps ce week-end, nous reprenons du service !
Nous mettons le cap vers une destination pour la première fois située au nord de Christchurch : Kaikoura ! Un détail et pas des moindres, cette fois-ci nous avons une voiture !!! Ma manager Maureen, du haut de sa grandiloquente bonté de grand-mère, m’a tout simplement permis d’utiliser la voiture de fonction 7j/7, week-end compris ! Ce fut une immense excitation lorsque j’ai annoncé la nouvelle à Marine, car cette caisse nous ouvre de nouveaux horizons !
J’en profite pour faire une parenthèse sur la conduite et l’état de la circulation en Nouvelle Zélande. Il y a peu de people dans ce pays, a peine 4 millions et 10 fois plus de moutons, mais aux dernières nouvelles ceux-ci ne conduisent pas. Le réseau routier est peu développé, une poignée de grandes highway 2 voies traversent le pays et desservent les patelins et les grandes villes. Entre les patelins, aucune habitation ni infrastructure et ce sur des centaines de kilomètres. Il n’est pas dans l’intérêt d’un conducteur de tomber en panne sur ces highway, car il n’y a absolument rien à la ronde pour dépanner. Ce sentiment de no man’s land procure en fait un réel plaisir de conduire, surtout dans l’ile du sud car les paysages alentours sont superbes et très variés. Il n’est pas rare de voir des voitures et camper-van qui s’échouent au bord des routes ou dans des coins plus insolites, sur la rive d’une rivière par exemple, afin de se relaxer en admirant le paysage.
La conduite à gauche est chose aisée si l’on se rappelle constamment qu’il faut se placer a gauche dès que l’on s’engage sur une route. Un copilote ou un post-it sur le volant peut être très utile lors des matins difficiles ! Le trafic est très fluide, du moins lorsque l’on va travailler en banlieue. Cela est du a l’architecture du réseau routier, constituée de grandes routes et des carrefours à l’américaine. Pour ma part je ne croise que 2 feux sur 20 km pour aller au boulot, et je roule constamment à 80. Cette fluidité de circulation a une conséquence sinistre : la route est un véritable cimetière pour petites bêtes sans défense. Il y a des milliers d’hérissons, d’opossums et 1 chat écrasés sur toute la longueur des highway. Dans ce pays, il est même conseillé de les tuer car ils sont considérés comme prédateurs pour les espèces locales ! Eh oui les pics d’un mignon hérisson peuvent perforer de part en part un innocent kiwi qui l’avait confondu avec un bush ! Les néo-zélandais se font donc un plaisir d’écraser ces prédateurs de la manière la plus violente possible, comme glisser en drift sur leurs petits corps pour être sur qu’ils ne se relèveront pas. Et ils ne s’arrêtent pas pour ramasser les trophées, car cela ferait tache au milieu du salon ! Je ferme la parenthèse sur cette note légère et croustillante.
Revenons-en à Kaikoura. Nous partons de bon matin avec l’Opel Astra (Automatic Transmission), heureux de vivre. La route est très agréable, la région de Malborough au nord du Canterbury offre un beau mélange de collines aux herbes sèches, d’arbres et palmiers divers et de grandes étendues de terre dédiées à la viticulture. 180 km plus tard, nous arrivons à Kaikoura.
Cette petite ville côtière est célèbre et prospère grâce à une faune marine très diverse et facilement accessible. Nous devions à l’origine passer par des activités touristiques hors de prix pour aller voir de plus près les baleines et les dauphins, mais nous préférons jouir de notre nouvelle liberté en cherchant un coin isolé. Nous trouvons un bout de plage non loin de la ville, ou absolument personne n’y git. Le soleil est de plomb, quel contraste avec le temps de Christchurch ! C’est bien la première fois que nous ressentons une telle température estivale. Alors que nous jouons gaiement au ballon, l’improbable se produit : une bande organisée de dauphins vient a notre rencontre, à quelques mètres de la cote ! Très joueurs, ils se mettent à faire des pirouettes et des sauts périlleux synchronisés. Ils réagissent parfaitement à nos applaudissements et continuent leur show rien que pour nous, and for free ! Le dauphin, meilleur ami du plagiste ? Nous n’en doutons plus !
Après le spectacle, nous faisons les honneurs aux artistes marins et nous rendons vers le Mont Fyffe. Ce sommet de 1600 mètres situé à quelques kilomètres a l’Ouest de Kaikoura devrait combler notre besoin impérieux de rando. Nous avons prévu d’y passer la nuit, aussi nous partons chargés !
L’ascension est rude. C’est de loin le sentier le plus pentu que nous ayons grimpé. La chaleur pesante de l’aprem et les bagages de sherpas nous font suinter bien comme il faut. Je remplirais une baignoire rien qu’en essorant mon caleçon. Comme a leur habitude, les locaux courent ou montent a vélo easily et avec le sourire. Nous continuons tant bien que mal la balade, en essayant d’ignorer ces mutants sportifs. Le long du sentier, les grillons sifflent à tue-tête comme dans le midi !
Enfin, nous arrivons à la hut en début de soirée, à coté de laquelle nous voulions camper. Le seul gars qui y passe la nuit s’appelle Sasha et est allemand.
Moment sacré après une dure rando, l’apéro ! Nous entamons le vin blanc, les chips et les fraises sur un banc en bordure de falaise avec une très belle vue sur la péninsule de Kaikoura. Soudainement, nous apercevons d’épais nuages en contrebas nous arriver sur la gueule à une vitesse fulgurante. Marine, sous l’effet de l’alcool, pousse des cris stridents car elle ne comprend pas trop pourquoi d’une seconde a l’autre le panorama entier disparait ! Une minute plus tard, nous sommes complètement entourés de brume. Nous nous refugions dans la hut, ou Sasha a eu la bonne idée d’y allumer le poêle à bois. Nous partageons le reste de vin, puis le diner, puis la soirée dans une ambiance chaleureuse, a la lumière d’une bougie. Apres avoir échangé nos expériences et nos impressions sur les kiwis et leur pays, nous nous retirons dans notre chère et froide Quesha pour la nuit.
Notre nuit fut animée par une sorte de chauve souris ou grand rapace ou quelque animal volant qui fasse un bruit d’helice en planant... Cette chose a tournée autour de la tente pendant plusieurs heures, faisant littéralement paniquer Marine qui n’a pas pu sortir pour faire pipi. De son coté Sasha a été agressé par une souris de refuge, qui a fini sa bouffe et couru sur sa tête.
Le matin, la brume est encore présente et même plus épaisse que la veille. On n’y voit goutte, mais cela ne nous empêche pas d’apprécier le petit dej aux muffins double chocolat… Après avoir fait nos adieux à Sasha nous levons le camp pour revenir à Kaikoura.
Quelques heures après, nous sommes sur le front de mer. Malgré les courbatures, on s’engage sur la walkway qui fait le tour de la péninsule. Le décor est radicalement différent : de grands blocs de rochers blancs fissurés, striés, érodés s’étendent sur le bord de mer. Ce relief très singulier issu de l’activité tectonique est devenu le fief de nombreuses espèces marines. Nous pouvons approcher de très près une colonie d’otaries en pleine sieste, peu préoccupés par notre présence. Ces grosses paresseuses sont plutôt occupées à chercher la meilleure position pour bronzer ! Nous avons également photographié de nombreux oiseaux, dont l’albatros a sourcils noirs ! Il est vraiment très excitant d’observer tous ces animaux dans leur habitat naturel, plutôt que dans un vulgaire zoo. Il ne manquerait plus que de voir surgir des baleines et des orques pour compléter le tableau ! Nous sommes réalistes, nous n’en croiserons pas tant que nous n’irons pas au large via un ferry touristique. Amplement satisfait d’avoir déjà vu autant d’animaux pour pas un sou, nous nous arrêtons la pour le week-end. Nous retournons à Christchurch en fin d’après midi, la tête pleine de flore et faune sauvage et le corps meurtri par les courbatures et les coups de soleil.