Un blog d'évasion. Le carnet de mes voyages : Irlande, Nouvelle Zélande, thailande, et bientôt japon ! Ainsi que mes essais et une 1ère nouvelle publiée ! Bonne lecture...
Carte de Rotorua
La ville de Rotorua est originale par bien des aspects. Tout d’abord, l’odeur d’œuf pourri vous saute au nez dès lors que vous pénétrez le centre ville. Et cette puanteur ne vous lâchera pas ! Ensuite, elle est posée sur un gigantesque site géothermique très actif, d’où les sources thermales qui émergent un peu partout et les fumerolles qui s’échappent des buissons ou encore des plaques d’égouts. Son immense lac est d’ailleurs barré d’une longue ligne d’eau d’un blanc immaculé, résultante d’une concentration très élevée en sulfures. Enfin, la présence maorie est très importante, avec une proportion de population nettement supérieure aux autres villes. Il n’est donc pas rare de trouver dans les rues et dans les établissements des sculptures maories, et une bonne partie des activités touristiques dédiée aux spectacles en costumes d’époques ainsi qu’à l’art et la cuisine maoris (que nous évitons comme la peste car ces spectacles sonnent tous complètement faux).
Cette étape de notre voyage est très importante car nous avons enfin l’impression d’être en Nouvelle Zélande, le pays des maoris et non des européens ! Les voir dans les rues vagabonder ou s’afférer à leurs tâches, découvrir complètement par hasard leur quartier de rassemblement spirituel et communautaire éloigné de l’exposition touristique et discuter un peu de culture et de légendes locales avec une vendeuse d’art nous a fait beaucoup de bien ! Une profonde et troublante introspection s’en est toutefois ensuivie chez Marine, pour de multiples raisons. La principale est le fait de voir enfin des maoris épanouis et « chez eux », c'est-à-dire qu’ils vivent et ne se cachent pas comme ceux de l’ile du Sud (les seuls qu’on voyait dans les rues de Christchurch étaient les miséreux). Il était temps de les apercevoir après une année passée ici ! Il semblerait que certains aspects de leur mode de vie soient les mêmes qu’à l’époque précoloniale, en effet nous les voyons souvent pêcher en famille et même se jeter dans l’eau glaciale sans combi et avec des filets pour attraper des moules, huitres et autres joyeusetés molles et ragoutantes. Une dernière raison du trouble passager de Marine est qu’ils la prennent souvent pour une des leurs, de par son faciès hispano-polynésien, ses yeux rieurs, ses lèvres pulpeuses et son teint basané. A chaque fois qu’ils la croisent, les contacts visuels et les Kia Ora ! (salut) fusent, et c’est avec une immense gêne qu’elle répond de vulgaires Hi !...
Il est temps que je divulgue quelques photos de Rotorua, prises avec mon portable.
Le petit quartier maori, avec sa superbe Marae :
Son église et son Jesus en pagne de l’époque (un mix entre « contemporain » et traditionnel, car on se doute bien qu’il n’a pas daigné leur montrer un seul poil de sa barbe avant que les européens ne débarquent:

C’est dans ce quartier que nous avons découvert la petite boutique de carving (gravure). Nous avons immédiatement vu la différence de qualité avec les milliards de sculptures made in china qui inondent les magasins de souvenirs, nous avons donc succombé pour acheter non pas un, mais deux objets d’art !
Le McDo est lui aussi décoré de la sorte. Je précise qu’on y a bouffé juste pour l’ambiance, si si !
Voici des bâtisses et le Queen Garden typiquement colonialistes plutôt jolis :
Un totem amérindien ?

Et le magnifique Rotorua Museum empli d’histoire de la ville et de la région (que nous n’avons pas visité car payant) :

Une petite vue sur un troupeau d’oies qui barraient la route et le lac Rotorua. Remarquez sa large ligne blanche, pleine de souffre :

J’en viens aux sites géothermiques… La région en compte grand nombre, la nationale 5 qui la traverse s’appelle d’ailleurs « Geothermal Explorers ». Nous avons visité deux sites majeurs, tous deux payants (33 $ /personne). Le premier, Waimangu Valley, propose de suivre le cours d’une rivière hydrauliquement connectée à deux lacs thermaux dont les bassins ont été façonnés par des éruptions volcaniques et hydrothermiques massives. La vallée est somptueuse, alternant entre végétation foisonnante, cratères actifs, roches multicolores et eaux acides et fumantes (ph 2.1 et température atteignant parfois 80 °C) :
Le second site, Wai o Tapu, s’étend sur une surface beaucoup plus grande et bouillonne d’activité thermale. La végétation ne survit même pas sur ses sols sulfureux et celle alentours est recouverte d’une épaisse couche orangée qui empêche toute photosynthèse. L’eau y est omniprésente sous toutes ses formes (bains de boues, lacs bouillonnants…) et dévoile une large palette de couleurs due à des réactions minérales très diverses (souffre, oxyde de manganèse, silice, oxyde de fer, carbone et j’en passe…) L’odeur qui en émane est à crever !!!
The Artist’s Palette :
La fameuse Champagne Pool, le plus grand lac géothermique de la région aux superbes couleurs orangées et bleutées :
Sa température avoisine les 74°C et dégage tellement de CO2 et de vapeur que Marine disparaît tel un spectre… Elle n’en reviendra jamais.
The Devil’s Bath, où plutôt une piscine de pisse :
Et enfin, la soit disant cerise du parc qui n'est autre qu'un geyser artificiellement stimulé tous les jours à 10h15 du mat. Comme le cycle naturel de ce geyser est très variable, un type fout du savon à l'intérieur afin d'enclencher une réaction chimique qui fait le exploser jusqu'à une quinzaine de mètres de hauteur. Voici en images le déroulement d'une belle arnaque touristique (qui en plus nous a fait lever tôt) :
Après la découverte de toutes ces curiosités d’outre-monde, le sentiment d’avoir bouclé la boucle de notre trip est plus fort que jamais. La Nouvelle Zélande est un concentré de merveilles naturelles très variées dans un mouchoir de poche ! Il nous reste toutefois une chose capitale à réaliser pour clore la visite de Rotorua...
J'ai nommé le ZORB !!! Mais qu'est ce que le ZORB répétez vous éberlués ? C'est une invention kiwi qui consiste à entrer dans une grosse boule de plastique et se faire balancer depuis le haut d'une colline sur un trajet au choix... Il existe plusieurs versions, de la moins gerbante à la plus gerbante, comme par exemple celle-ci :
ou celle-ci, avec de l'eau à l'intérieur pour glisser de manière complètement aléatoire :
et c'est cette version water qu'on nous a imposé car il était trop tard pour préparer la version "attachée". Heureusement l'eau était chaude ! Le parcours était en zigzag, c'est à dire qu'après le premier virage relevé on ne comprend plus rien !!! A la fin on sort de ce truc comme d'un vagin et on a du mal à tenir debout. Vraiment fun mais un prix trop élevé pour une durée trop courte (50 $ en solo)...
Après cette petite mise en jambe, nous quittons Rotorua la nauséabonde vers la prochaine destination de notre trip nordique : Tauranga !