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Un blog d'évasion. Le carnet de mes voyages : Irlande, Nouvelle Zélande, thailande, et bientôt japon ! Ainsi que mes essais et une 1ère nouvelle publiée ! Bonne lecture...

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13 et 14 Aout 2010 – Périples dans la vallée des merveilles (Part 1)

Carte d’Ahuriri Conservation Park

Dans notre kiwi bubble, le hobbie du moment est le mountain biking (VTT). Je passe rapidement sur l’épisode du week-end dernier, où nous avons pu tester nos engins précaires sur le Mont Oxford non loin de Christchurch. Nous ne savions pas trop à quoi nous attendre, si ce n’est un « grade 3 » sans autre explication. Cela s’est avéré complètement extrême, une forêt de beech parcouru par un sentier étroit couvert de racines vicieuses, de flaques de boues qui engloutissent tout ce qui passe, de petits cours d’eau aux caillasses glissantes et d’arbres morts échoués au milieu du chemin. Toutes ces petites choses qui nous auraient amusés lors d’une simple randonnée deviennent des obstacles mortels à éviter en VTT. On s’en est quand même bien tiré et la descente du retour avait son lot de fun et de crasse.

The next mountain biking trip must be easier, aussi nous optons pour un sentier qui traverse la large vallée d’Ahuriri River. La difficulté est cotée « grade 2 », ce qui est plutôt rassurant lorsqu’on a côtoyé le grade 3. Cette rivière est située au Sud du Canterbury, près de sa frontière avec la région de l’Otago, et l’endroit n’est accessible qu’en 4x4. Nous partons donc avec la Jeep puante, bruyante et gourmande en diesel, le vendredi au soir afin d’enjoy tout le week-end au maximum. La route est plus longue qu’on ne le pensait. Après 5 heures de conduite à travers une nuit noire, une pluie battante et un brouillard épais, nous arrivons à l’accès 4x4 vers le Conservation Park. À la faible lueur des phares, une piste sinueuse et accidentée se dévoile. Ses abords paraissent complètement désertiques, d’innombrables touffes jaunies longent la piste, on devine l’existence d’une rivière mais on ne la voit pas. La seule forme de vie ne se manifeste que par la présence de lapins affolés qui traversent le chemin sans crier gare. Se concentrer pour ne pas les écraser ajoute à la fatigue et à l’angoisse du moment. Pressé d’en finir, je roule à toute allure sur les nids de poule et les flaques de boues qui font dévier dangereusement le véhicule. Mais la piste est interminable. On n’en voit pas le bout, au point de penser qu’elle n’est qu’une boucle infinie destinée à nous faire sombrer dans la folie. La peur de ne jamais trouver la hut (refuge) grandit à chaque mètre puis s’installe complètement. Nous dépassons une lueur furtive en bordure d’un bois. Après plusieurs minutes de questionnements, nous faisons demi-tour et nous rendons vers cette unique lumière de la zone. C’est bien la hut ! Un 4x4 garé devant et un éclairage blafard sont les signes d’une autre présence humaine. Nous ne sommes pas seuls, c’est rassurant et frustrant en même temps. Il est minuit, nous avons faim, nous sommes crevés et soulagés de ne pas avoir à faire le feu !

J’ouvre la porte de la hut. La pièce est exigüe et une intense chaleur y règne. Deux vieux gaillards sont attablés, éclairés par la lueur des bougies. De nombreuses bières vides sont éparpillées devant eux. Ils se lèvent, se présentent immédiatement et chaleureusement. Je ne capte pas leurs noms. La raison de leur venue est la chasse. Deux carabines sont posées au fond de la pièce. Nous déposons nos affaires sur les deux matelas libres et préparons la pumpkins soup. L’un des chasseurs se couche, l’autre nous propose gentiment d’utiliser leur gaz et papote. Le premier contact est plutôt positif ! Après un bon souper, nous nous écroulons littéralement sur nos paillasses, écrasés par la fatigue et les émotions du voyage.

La nuit est ponctuée d’horribles ronflements. Les boules quies ne suffisent pas à atténuer les éructations des deux rustres. De plus, ils sont matinaux et bruyants, histoire d’achever notre humeur. Je n’arrive pas à leur en vouloir, car ils sont plutôt sympathiques… Ils vont passer la journée à scruter les environs à la recherche de chamois. Incredibeul ! Ici, il est parfaitement autorisé de tuer du chamois, contrairement à la France où ils sont strictement protégés. Ce n’est qu’une nuisance importée de plus aux yeux des kiwis, avec une bonne viande de surcroit ! Nous nous attendons donc à voir en fin de journée une dépouille de chamois égorgé et pendu à l’arbre d’à coté.

L’arrivée du soleil permet enfin de voir l’extérieur de la hut et les alentours. Quel choc ! La vallée s’étend à perte de vue, la végétation foisonne autour de la hut, la rivière Ahuriri serpente joyeusement entre deux chaines de montagnes enneigées. Ce décor n’a rien à voir avec le désert mortel que nous croyions traverser la nuit précédente ! Enchantés de cette découverte nous nous engageons de bonne heure sur le sentier VTT. 

 

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Le sentiment d’isolation est total. À vrai dire, il n’y a absolument personne à part nous et les deux chasseurs qui crapahutent dans le bush. Nous avançons gaiement sur nos vélos, émerveillés par les superbes paysages qui nous entourent. La piste est plate et dénuée d’arbres, aussi la seule difficulté consiste à un terrain plutôt boueux qui ralentit fortement notre progression et nous fait suer dès les premières minutes. 

 

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Mais très vite, le véritable challenge de la vallée survient : le River Crossing. Il oscille entre le pissou franchissable sans mettre le pied à terre et le torrent déchainé. Le premier torrent que nous rencontrons est un affluent d’Ahuriri, directement alimenté par la fonte des neiges voire des petits glaciers que nous pouvons apercevoir depuis le sol. Mon doigt me dit que c’est frais… Nous trouvons une section praticable à pied avec pas trop de hauteur. Je me lance pieds nus avec un vélo dans chaque main. Le courant les emporte mais je les tiens ferme. Il ne faut surtout pas en lâcher un !
Le froid extrême de l’eau me brule, à croire que tous ces entrainements au tunnel de St Dalmas n’ont servi a rien ! À peine sorti de l’eau, la brulure atteint son apogée. Je hurle et frotte abondement mes mollets bleus et congestionnés par le choc thermique. Marine me somme de lever le bras en signe de victoire sans comprendre qu’il m’est impossible de bouger tellement la douleur est sournoise. Je m’exécute quand même, pour la photo. À son tour elle se lance dans l’eau en se dandinant et comprend mieux la raison de mes cris. Je la réchauffe comme je peux, mais les sandflies avides de sang frais en profitent pour s’attaquer à sa chair exhibée. Ces bitches ne nous laissent pas de répit. Nous sommes obligés de repartir rapidement, toutefois heureux d’avoir franchi le cours d’eau. C’était sans savoir ce qui nous attendait…

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1 heure plus tard,  la grande épreuve de la vallée apparait. Pour continuer sur le sentier VTT, il faut traverser Ahuriri la grondante. Sans cela, nous sommes condamnés à errer dans les marécages où rebrousser chemin. Son débit, sa largeur et sa profondeur sont beaucoup plus importants que son maigre affluent. Nous ne sommes pas des couards. Comme la première fois, nous trouvons un spot à peu près franchissable. Cette fois ci, j’y vais avec un seul vélo à la main pour bien le maintenir. Ce n’est pas une bêtise car je m’enfonce jusqu’au caleçon et la puissance du courant me fais pencher. Pas question que Marine prenne son vélo. Il faut qu’elle se concentre sur son équilibre pendant la traversée aussi je décide de retourner le chercher. Quelle folie ! Le froid ardent me mord non pas une fois, mais 3 fois d’affilée ! Cela relève de l’hypothermie pour mes pauvres mollets… Marine garde ses chaussures et traverse avec moi afin de se donner mutuellement du courage. Nous passons l’épreuve avec brio, mais non sans peur…

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La suite de la balade n’est plus si tranquille. Elle devient même angoissante, en partie à cause du traumatisme d’Ahuriri et de savoir qu’il faudra encore la traverser au retour. Le décor change également, les montagnes sont beaucoup plus proches et plus imposantes, donnent l’impression qu’elles vont nous écraser comme des moustiques. Un vent froid se lève et souffle contre notre avancée. Les nuages s'amoncèlent. L'ombre des montagnes s’étend et nous engloutit rapidement, et ce plusieurs heures avant le coucher du soleil. L’absence de vie animale renforce la complète isolation du milieu. Les quelques belles cascades apparues sur les flancs touffus ne parviennent pas à nous rassurer. Aussi, nous décidons de retourner sur nos pas avant d’avoir atteint le but que nous nous étions fixé, à savoir la 3eme hut du sentier.

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L'expérience de l’aller nous aura mis en confiance et en condition pour affronter une nouvelle fois le River Crossing. Nous traversons sans plus de mal les deux cours d’eau. Mais l'ombre grandissante nous empêche de nous réchauffer. Marine souffre de ses pieds glacés sur tout le retour. Elle doit s'arrêter toutes les cinq minutes pour vider l'eau de ses shoes et essorer ses chaussettes. Nous arrivons complètement fracassés à la hut, où la divine chaleur du poêle nous accueille. Les deux chasseurs sont absents, mais ont du revenir entre temps pour manger et réalimenter le feu. Nous en profitons pour faire une sieste. Hélas, les deux compères reviennent avant que l'on ait pu sombrer dans le coma. Ils sont bredouilles, pas étonnant qu’ils n’aient rien trouvé dans ce no wildlife’s land. Pas de corps de chamois pourrissants devant la porte, donc. Comme pour se racheter de ne pas avoir ramené de viande pour le souper, ils partagent généreusement de la viande de venison (chevreuil) provenant de la ferme d’un ami. Juste assez forte et tendre, en boulettes avec des oignons et cuite au feu de bois, c’est délicieux ! La soirée est très agréable. On rigole bien. Les chasseurs nous apprennent qu’ils nous ont observés traverser la rivière depuis leur cachette dans le bush. À travers des jumelles ou un sniper, ils ne précisent pas. Nous nous demandons s’ils nous ont vus pisser innocemment un peu partout dans la nature…

À l’extérieur se dévoile une magnifique voie lactée, mise en valeur par l’absence totale de lumières à une centaine de kilomètres à la ronde. Après l’avoir scruté avec ébahissement, nous nous couchons enfin. La nuit est, une fois de plus, ignoble et non récupératrice. Quel dommage que les deux hommes soient si sympas ! Sinon, nous aurions trouvé un moyen très simple de faire cesser leurs ronflements…                                      

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L
<br /> Whaaa, c'est trop beau !<br /> C'est vraiment la NZ illustrée, les bons gros clichés de votre île, z'ont pas bidouillé les brochures publicitaires !<br /> Vous avez croisé des hobbits, des elfes, Gandalf ?<br /> Profitez-en bien !<br /> <br /> lucas<br /> <br /> <br />
Répondre
Y
<br /> <br /> Hi Lucas!<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> J'aurais bien aime croiser un petit hobbit qui aurait use de facetie et d'ingeniosite pour nous faciliter le chemin ! Au lieu de cela, nous avons partage la pitance et passe la nuit avec deux<br /> gobelins primitifs ! <br /> <br /> <br /> <br />