Un blog d'évasion. Le carnet de mes voyages : Irlande, Nouvelle Zélande, thailande, et bientôt japon ! Ainsi que mes essais et une 1ère nouvelle publiée ! Bonne lecture...
Carte des alentours d'Hokitika
Aujourd’hui, nous allons visiter les alentours d’Hokitika, au sud de Greymouth. Pour info, cette ville a accueilli hier le Wild Food Festival. Cela consiste à gouter les atrocités que chaque stand propose, allant du simple sandwich de vers grouillants à la soupe de testicules de porc en passant par la brochette de mouette. N’oublions pas le très apprécié possum, triplement écrasé par les poids lourds autoroutiers. Il n’y a plus qu’à se baisser pour ramasser la bébête et en faire une pizza ! Bon tout ceci est presque alléchant sur le papier, mais en réalité c’est très cher payé l’indigestion ! 35 $ l’entrée, et au moins 5 $ par stand, en ajoutant à cela les nombreuses bières qu’il faut s’enfiler pour pouvoir avaler ces horreurs !
Nous avons préféré passer notre chemin et nous ouvrir à une activité plus ludique. Voir les Hokitika Gorges par exemple ! Cette petite promenade de 20 minutes à peine nous en met tout de même plein les mirettes, car l’eau de la rivière est d’un bleu éclatant qui parait complètement irréel. J’en viens à penser qu’ils balancent un colorant dedans pour obtenir cette couleur ! A la fin de la balade, sur les gros rochers de la rive, je cherche donc activement la source de la supercherie. J’aperçois non loin une minuscule cascade qui sort du bush. Je me dis qu’il doit bien y avoir un moyen d’accéder à cette cascade, le sentier ne peut pas s’arrêter ici. Je m’enfonce dans une apparente couverture végétale à la recherche d’un tracé. Bingo ! Quelqu’un semble s’être frayé un chemin à travers la foret, la végétation est dégagée et les traces de pas sont encore fraiches. Surement celles du ranger chargé de balancer l’infâme colorant dans la rivière, et ainsi attirer les touristes ! Accompagné d’Ed et Marine, nous suivons activement les traces du coupable. Le parcours n’est pas sans danger. La forêt est très épaisse, des lianes vivantes tentent de nous ligoter et de nous étouffer, des sables mouvants nous engloutissent. J’ai failli y laisser ma jambe ! Ma chaussure est bien amochée. Nous arrivons tant bien que mal au petit ruisseau qui se jette dans la rivière bleutée. Aucune trace du colorant à ce point ! Nous remontons un peu le ruisseau et malgré les super shoes de Marine, spécialement créées pour le river-crossing, ça glisse et c’est dangereux. Nous stoppons là notre expédition et en profitons pour apprécier le cadre enchanteur. Comme pour ajouter au charme si sauvage du coin, un petit oiseau à longue queue nous rejoint et s’amuse à nous gazouiller dessus. Cela fait son petit effet : Marine entre en intense conversation avec lui. Elle a des talents d’imitatrice hors pair, elle bluffe même les oreilles animales les plus aguerries. L’oiseau nous accompagne sur tout le retour tout en continuant de discuter joyeusement. Au moment de sortir de la forêt, l’oiseau nous fait ses adieux avec un gazouillis en Si mineur. Il ne peut pas aller plus loin, la forêt le protège de l’afflux important des touristes des gorges. Un peu déçu de n’avoir pas pu révéler au monde la plus grande arnaque du siècle, mais toutefois content d’avoir partagé ce bout de promenade avec notre ami ailé, nous retournons à la voiture.
En deuxième partie de journée, nous nous rendons au Lake Kaniere. La route qui longe le lac est vraiment sympa pour les pilotes : c’est un rallye sur terre qui traverse une jungle de fougères, avec des virages pentus. Nous faisons un bref arrêt devant la Dorothy Falls, une superbe cascade, puis nous nous enfonçons dans une sombre forêt pour rejoindre la rive du lac. Nous pique niquons au bord de l’eau, au grand plaisir des sandflies, ces microscopiques moustiques plus voraces que 100 chèvres. Ils s’en prennent à toute partie charnue non couverte, même la plus insignifiante. Nous nous faisons donc allégrement bouffer pendant que nous avalons innocemment nos sandwiches. Et leurs piqures n’ont rien à voir avec celles des gros moustiques français, ce sont de véritables morsures laissant un filet de sang frais s’écouler par la plaie. Les shoes de Marine, malgré leur statut « super », ont le malheur d’offrir gracieusement ses orteils aux sang sues. Elle ne s’en aperçoit que trop tard, car il n’en reste que des petits moignons !
Sur le retour vers Kumara, en traversant la ville d’Hokitika, je me fais harponner par 2 flics en voiture banalisée. Encore ! nous nous écrions à l’unisson. Je regarde mon compteur : oups, 20 km/h au dessus de la limite autorisée, cette fois ci ca ne va pas louper. En effet, le flic me colle une belle amende de 170 $, sans autre forme de procès.
Celle-là je l’ai mérité, mais je commençais vraiment à fatiguer d’avoir trop conduit. Malgré l’apparente proximité de tous ces sites sur une carte, il faut quand même bien rouler pour les atteindre. Pour la peine, je passe le volant à Ed pour le retour jusqu'à Christchurch et j’en profite pour dormir comme une masse à l’arrière.
La West Coast, c’est superbe. Mais quelque chose d’amer vient noircir nos souvenirs… Les morsures de sandflies subsistent voire empirent. Celles de Marine sont fatales, depuis notre retour elle se réveille toutes les nuits aux prises avec un grattage aigu d’orteils l’empêchant de se rendormir. Au moment où j’écris ces lignes, je pense à elle, qui doit être en train de se gratter frénétiquement sous son bureau. Met de la crème ma chérie, et bientôt tout redeviendra comme avant.