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Un blog d'évasion. Le carnet de mes voyages : Irlande, Nouvelle Zélande, thailande, et bientôt japon ! Ainsi que mes essais et une 1ère nouvelle publiée ! Bonne lecture...

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08/05/2013 - Au sommet de Kaeng Krachan

Carte de Kaeng Krachan National Park

 

Le parc national de Kaeng Krachan est immense. Il s'étend sur 3000 km² sur une multitude de massifs boisés, au-delà même de la frontière avec la Birmanie. Le headquarter (QG) du parc est situé à 30 bornes du réservoir hydroélectrique, qui affiche d'ailleurs un niveau très bas.

 

kaeng-krachan 1850

 

Après avoir payé les frais d'entrée au parc de 200 baths par personne, le QG est accessible par une route goudronnée qui se dégrade vite en piste caillouteuse et pleine de nids de poule. A se demander ce qu'ils font de l'argent empoché à l'entrée du parc... Notre Honda Brio peine à gravir certaines pentes terreuses mais ne lâche pas. On arrive au QG ainsi qu'au campement où se disputent une poignée de tentes. Nous tentons d'avoir des infos sur les sentiers de rando ainsi qu'une carte, en vain, ici soit on se cantonne au petit sentier "Nature Trail" à vocation pédagogique soit on débarque avec une carte IGN et on se demerde. Pour le plus grand parc national du pays, c'est plutôt décevant !

On se contente donc du fameux sentier pédagogique, qui donne le ton avec une traversée de rivière dès les premiers mètres. Heureusement, en période sèche, l'eau est loin d'être abondante. Ensuite, c'est du grand n'importe quoi : il n'y a pas de sentier, juste une corde qu'il faut suivre dans un fouillis végétal ultra-dense. La chaleur étouffe, les bruits persants résonnent dans nos crânes. On s'enfonce corps et âmes dans l'enfer de la jungle. Marine n'a qu'une peur, croiser des tigres et des serpents, malgré mes tentatives pour la rassurer : les tigres sont loin dans les montagnes, et les vibrations de nos pas font fuir les serpents. Nous voyons une sorte de gros varan qui tente de se camoufler sur un rocher en adoptant sa couleur. Lorsque je percute une toile gardée par une énorme araignée orangée, je réalise que les embuches sont nombreuses et invisibles. La rando tourne à l'analyse visuelle et sonore de chaque détail qui nous entoure. Le stress est à son comble. Je tatonne avec un bâton pour chasser les éventuelles araignées mutantes. Les myriades de papillons colorés ne parviennent pas à rendre enchanteur le semblant de sentier qui est finalement apparu le long de la rivière. Les lianes ont des formes folles, proches de l'anaconda. Les termitières ont des allures d'oeufs d'aliens.

 

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Nous déjeunon sur le sentier dans le même état de stress, à l'affut du moindre bruit suspect. Des cris distincts nous signalent la présence de singes, que nous ne tardons pas à voir sur une haute branche d'un arbre immense. Il s'agit d'une mère de couleur grise avec deux tâches blanches autour des yeux portant son enfant de couleur orangée accroché à son ventre. L'instant de silence intense et d'observation mutuelle est fort en émotion. La photo prise, les singes s'éloignent. Nous pouvons finir de macher notre concombre.

 

kaeng-krachan 1911

 

Après la pause déjeuner, nous sommes indécis sur la suite : rebrousser chemin ou atteindre la route ? Un bruit proche de véhicule nous décide à continuer. Nous atteignons enfin la piste de 4x4 au bout d'une dizaine de minutes. Alleiluia ! Pour couronner le tout un mini van passe par là et propose de nous ramener au camp.

Pour la seconde partie de la journée, on prévoit de se rendre au plus haut sommet du parc en voiture et de profiter du panorama de la jungle empli de brouillard d'évaporation. Il est même possible de camper en haut pour apprécier le lever de soleil sur la mer de brume.

Nous partons à l'assaut de la piste avec notre infatiguable Honda Brio, sans aucune idée de sa difficulté ni de la longueur. Hélàs ! Après quelques rivières brillamment traversées (oui oui !), la voiture chancèle sur les pentes caillouteuses et glissantes à 90°. Nous avons trop nié les panneaux "Use 4 wheels drive", nous voilà punis ! Impossible de continuer plus loin, toutefois on ne baisse pas les bras : on gare la caisse au bord du chemin, non sans avoir vérifié que le frein à main la tenait bien, et on continue à pied. Notre salut ne se fait pas longtemps attendre : un pick-up conduit par 2 thai, le coffre à l'air et vide, s'arrête à notre hauteur. Vous allez au sommet ? Grimpez ! Wahou ! On s'empresse de s'installer à l'arrière comme de vrais thailandais. Sauf que les conditions de route ne sont pas les mêmes... On est tombé sur un fou du volant visiblement habitué à gravir à 100 km/h des sommets par des sentiers complètement défoncés et des pentes défiant les lois de la physique. Nous sommes ballotés d'un côté à l'autre du coffre comme de vulgaires sacs, que les secousses manquent à chaque nid de poule de faire passer par dessus bord. On s'accroche comme on peut à la carrosserie, on se percute, on rigole nerveusement, on filme la scène en tentant veinement de stabiliser la caméra. La jungle qui étouffe le sentier défile à une allure folle, nous offrant de temps à autre une éclaircie avec une belle vue sur les montagnes environnantes. La piste est très longue, pourtant nous ne voulons pas que le voyage s'arrête. Ce n'est pas un mal que la Honda ait rendu l'âme, ce moyen de transport est ô combien plus fun.

 

kaeng-krachan 1929

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kaeng-krachan 1943

 

Le sommet est finalement atteint. Nous mettons pied à terre, encore secoués par le trip. Nous convenons d'un retour dans une heure avec nos conducteurs thai, qui vont aller observer des oiseaux de leur côté.

Le panorama est en effet sublime. D'un côté, les montagnes gorgées de végétation à perte de vue, habitat de milliers d'espèces animales dont la symphonie résonne dans les vallées. De l'autre côté, des lambeaux de brume qui se lèvent et masquent petit à petit la canopée. Si ça ne tenait qu'à moi tellement l'endroit est magique. On peut même louer des tentes et se restaurer sur place. Mais Marine est pas très motivée pour laisser en plan notre hostel, nos affaires et la voiture.

 

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On finit par redescendre avec d'autres thai car nous suspectons ceux de l'aller de nous avoir oubliés (nous apprendrons plus tard qu'ils ont en fait perdu leur matos d'observation dans la jungle). Le retour est beaucoup plus lent qu'à l'aller dans une jeep couverte et un conducteur prudent. Nous avons tout le temps de discuter avec eux, d'autant plus qu'ils sont très sympas. Les rencontres et les sensations éprouvées aujourd'hui ont de quoi nous faire oublier la mésaventure d'hier ! 

 

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