Un blog d'évasion. Le carnet de mes voyages : Irlande, Nouvelle Zélande, thailande, et bientôt japon ! Ainsi que mes essais et une 1ère nouvelle publiée ! Bonne lecture...
Carte de La Route Du Vent, 6ème étape, Totaranui – Golden Bay
Contrairement à ce que son nom indique, Golden Bay n’est pas une crique au sable couleur or qui stimule la pupille… C’est une mini région montagneuse, côtière et boisée au nord d’Abel Tasman, qui possède un grand nombre de coins sympas à découvrir. Je vais en énumérer quelques uns et les décrire dans l’ordre de visite :
Wainui Falls Track : une balade de 30 minutes à travers une belle forêt de fougère et nikau palms (enfin de vrais palmiers !) longeant la rivière Wainui. La chute d’eau à l’amont est impressionnante et vaut vraiment le coup ! Mention spéciale au pont de singe flexible au possible !
Je tiens à préciser que les piles de l’appareil photo nous ont lâchés et que la suite à été réalisée avec mon portable. Nous ne sommes donc qu’à moitié blâmable pour la qualité average !
Tout d’abord, une scène d’action à la limite du soutenable:

Un animal mort déniché sur le sentier… Difficile à déterminer. Nous avons finalement opté pour un goret à oreilles pointues.


The Grove Scenic Reserve : une des plus belles jungles que l’on ait pu voir ! Le sentier est très court mais sa particularité réside dans la présence de gigantesques blocs de calcaire entaillés et enserrées dans les racines tentaculaires des Rata trees. Ce labyrinthe de pierre, de bordel racinaire et de palmiers créent une atmosphère d’aventure épique à l’instar d’Indiana Jones… Je m’y suis amusé comme un petit fou !

Petit à petit, ma compagne capuchonnée mue en une ignoble gobeline. La malédiction de cette jungle mystique, sans aucun doute.

Rawhiti Cave : cette grotte est accessible par un sentier très étroit et quasiment vertical, qui traverse les gorges oppressantes de la Dry River (une rivière qui ne s’écoule jamais…) Un décor qui fait froid dans le dos.
Le "parking" est au premier abord sympathique :

Mais ça se gâte par la suite :

Le sentiment de malaise est renforcé par la chaussure d’un enfant posé sur un panneau de direction. Un mollet du petit disparu est encore présent. Il a été rongé jusqu’à l’os par les charognards mais tient encore en équilibre dans la petite chaussure.

Cette macabre scène de départ donne un ton extrêmement lugubre quant à la suite… on ne sait à quoi s’attendre de cette grotte… peut être y trouveras-t-on le reste du cadavre du petit enfant, pourrissant sur une stalagmite lui perforant le thorax…
Que nenni ! Cette grotte est une véritable merveille de la nature, toutes nos atroces appréhensions s’envolent dès lors que nous en atteignons l’entrée. L’ouverture est immense, on ne sait où poser les yeux tellement il y a de stalactites différents qui recouvrent le plafond. Les rayons du soleil s’y engouffrent pleinement, profitant à une végétation particulière qui pousse à l’intérieur. La descente suit un filet rouge d’Arianne qui nous évite soigneusement de poser les pieds sur des formations très fragiles qui ont mis des centaines d’années à s’ériger. J’arpente le mince chemin pendant 30 bonnes minutes jusqu’à un large abysse sans fond. Le fil d’Arianne s’y arrête, on devine que celui ou celle qui l’a tiré a du glisser et basculer dans le vide infini. Sa chute doit encore se poursuivre à l’heure qu’il est…
Nous ne repartons pas sans un souvenir (je rassure les amoureux des grottes - ou encore troglodytes - ce morceau de stalactite était déjà à terre !)

Takaka : Après toutes ces émotions, une petite pause au Root’s Bar de la ville du coin fait le plus grand bien ! Takaka est LA localité 100% hippie de l’ile du sud. Tous les échoppes sont dédiées à l’art manuel, la bouffe bio, les vêtements flashy et colorés, les pendentifs, les gros bijoux à porter sans modération… Et les gens qui y vivent ne sont pas des fakes, ils sont tous habillés de la sorte et inspirent la paix et la sérénité. Nous avons beaucoup apprécié l’ambiance relax du Root’s Bar et la collection vestimentaire de Mariposa, un magasin qui ferait même craquer les weshwesh de Nice, tellement les couleurs et les motifs sont explosifs !
Je fais un petit aparté sur les noms Maoris des petites localités de la région, bien fun lorsqu’on les découvre les uns après les autres : Takaka, Motupipi, Takapou, Onekaka, Waitapu, Parapara et j’en passe…
Collingwood et Milnthorpe Park : encore plus au nord dans la Golden Bay, Collingwood se trouve à mi-chemin entre Abel Tasman et le bout du bout de l’Ile du Sud. Nous ne sommes pas restés plus de deux minutes dans cette ville, car un véritable ouragan s’est levé en cours de route. Jusque là nous n’avions jamais vécu un tel cataclysme. Les arbres se penchent et s’affalent sur la route, il faut que je les évite tout en essayant de contrôler les balancements du van sous les rafales. La pluie est toute aussi cinglante et masque toute visibilité. La plage de Collingwood est assaillie par les vagues, tout y est gris et moche. Nous faisons demi-tour et garons le van en urgence à l’entrée de Milnthorpe Park, une forêt d’arbres natifs replantés par les locaux et régénérés. Ils nous protègent de l’ouragan. On décide de passer la nuit là, malgré l’immédiate proximité de la route nationale et les ténèbres émanant de ces arbres menaçants. Deux heures plus tard, les bruits intempestifs des voitures qui passent à toute allure et les grosses gouttes ruisselantes qui perforent la carrosserie avec un bruit de balles de fusil à pompe ont raison de nos nerfs. Nous déguerpissons de cet enfer, par une nuit d’encre et un ouragan qui redouble de puissance…
Pupu Springs : ah quel bonheur lorsque nous arrivons au parking des Pupu Springs ! Tout y est serein et apaisant, loin de la terreur éprouvée au Milnthorpe Park ! Je suis maintenant convaincu que les meilleurs endroits où dormir gratuitement et tranquillement dans son van, c’est aux parkings au départ des balades ! On s’endort comme des marmottes, éreintés par l’overdose d’action de la journée.
Retour au calme et du soleil le matin suivant. Tant que les tempêtes ne sévissent que la nuit, on ne se plaint pas ! Notre profitons de cette dernière bénédiction du temps pour visiter les Pupu Springs, en pyjama s’il vous plait ! Ces sources sont, d’après le panneau d’info, les plus importantes d’Australasie et les plus claires du monde ! Sept sources émergent en permanence d’une formation marbreuse avec du très gros débit et emplissent un lac, dont les profondeurs sont parfaitement visibles. Il est vrai qu’elles sont complètement limpides (mon instinct me dit que les caractéristiques chimiques du marbre y sont pour quelque chose), on voit très bien les émergences d’eau comme des petits geysers. Les Maoris racontaient bien avant la colonisation la légende d’une déesse de l’Eau qui parcourait le sous-sol pour déboucher les galeries souterraines afin que l’eau s’y écoule facilement et puisse émerger aux Pupu Springs. Ils avaient donc bien saisi l’existence des écoulements souterrains…


C’est notre dernière découverte de la Golden Bay et aussi de notre fabuleux Road Trip ! Nous quittons les Pupu Springs et mettons le cap vers Christchurch, non sans regret...
E Noho Ra Golden Bay ! (Good bye en Maori)